mardi 22 mai 2018

Commémoration de l'anniversaire de Richard Wagner: les dessins du SUN new-yorkais en mai 1913



Le 18 mai 1913, le quotidien new-yorkais THE SUN commémorait en page 7 le 100ème anniversaire de la naissance de Richard Wagner dans un article de W.J. Henderson intitulé "Richard Wagner's centenary in the musical world" illustré par ces deux dessins.

205. Geburtstag Richard Wagner


jeudi 17 mai 2018

Cupressi: Les poèmes latins de Karl Heinrich Ulrichs à la mémoire du roi Louis II de Bavière

Karl Heinrich Ulrichs

Le journaliste et juriste allemand Karl-Heinrich Ulrichs (28 août 1825, Aurich - 14 juillet 1895, L'Aquila) est considéré aujourd'hui comme un pionnier de la sexologie et un précurseur du militantisme homosexuel et des mouvements d'émancipation LGBT qui émergent en Europe au milieu du 19e siècle. 

Il lança une théorie biologique du « troisième sexe » (le terme « homosexualité » n'est pas encore forgé), théorie résumée dans l'expression « une âme de femme dans un corps d'homme ». Il est un des premiers à parler positivement et « scientifiquement » (au sens des sciences humaines) de l'attirance sexuelle entre personnes de même sexe. Les mots homosexuel et hétérosexuel n'apparaissant qu'à partir de 1869, il parle de types ou de personnalités uranien/ne et dionysien/ne.

Il publia ses études d'abord sous le pseudonyme de Numa Numantius, puis sous son vrai nom, ce qui, par la même, tend à rendre son orientation sexuelle publique. En 1866, la Prusse de Bismarck envahit et annexa le royaume de Hanovre : Ulrichs est alors accusé d'activités subversives et emprisonné. Ses écrits sont saisis. Il est ainsi considéré comme le premier homosexuel à avoir fait son « coming out ». Il finit par s'exiler en Italie.

Cupressi: Carmina in memoriam Ludovici II Regis Bavariae

Il publia en 1886 un recueil de poèmes élégiaques partiellement consacrés à la mémoire du roi Louis II de Bavière, et entièrement composés en latin. Ce recueil ne rencontra pas un grand lectorat, sans doute parce que la langue en était trop élitiste.

On comprendra aisément que Ulrich montrât de la sympathie et de la compassion pour le roi qui s'était vu privé de liberté et avait été emprisonné dans sa villa de Berg sur le Starnberger See. Il termine son 5ème poème, Villa regia Berg (La villa royale de Berg), que nous retranscrivons ci-dessous, par le vers “Caerula linter ad libertatem sic fuit unda tibi” ("Les flots te servirent de vaisseau vers la liberté") . 

Les poèmes à la mémoire du roi Louis II occupent seulement la moitié du mince volume qui ne fait que 18 pages, ils suivent la traduction de poèmes de Goethe, “Ueber allen Gipfeln ist Ruh”, et un long poème consacré à sa propre enfance en Frise orientale. Ulrichs termina la traduction de ce recueil en décembre 1886, il le fit imprimer et en expédia des copies aux librairies et aux journaux en février 1887.

"Villa regia Berg (Cupressi, 5)

Murmurat unda canens. Sonat, et sua littora pulsans
Volvitur ad flexas leni cum carmine ripas.
Murmurat unda QUIES. REQUIES levis unda susurrat.
Num fortasse tibi sua mollia murmura fundit?
Spuma sonans crispis allabitur alba coronis,
De tacito cantans somno mitique sopore.
Stat lacus ex alto fulgens et ab aethere tinctus,
Caeruleo condens arcana silentia velo.
Nansque lacu, liquidis canit humida Nais in undis:
HIC EST PAX. Canit unda: VENI! Audisne? VENITO!
HIC PATET AD LETHES OBLIVIA JANUA CORDI.
HIC SUB AQUIS ITER EST. Audisti. Caerula linter
Ad libertatem sic fuit unda tibi."

Bibliographie

Cupressi : carmina in Memoriam Ludovici II. Regis Bavariae ; † 13. Junii 1886 ; additis: Cantu sepulcrali, idyllio elegiaco "Ex infantia" et versibus in tumulum pueri, Pinn, 1887.

Il existe une traduction de ces poèmes en anglais : A Casket of Cypress Wood: Lyric Poems in Memory of Ludwig II, King of Bavaria. 1887; trans. M. Lombardi-Nash. 2nd ed. Jacksonville, Florida: Urania Manuscripts, 2000. 24 pp. 

Nouvelles traductions

Le cinquième poème vient de recevoir une très belle traduction italienne de Madame Rossana Cerretti:

"Villa regia Berg (Cupressi, 5)

Mormora l’onda cantando. risuona e le sue sponde battendo rivolge alle ricurve rive con lieve canto.
Mormora l’onda "Quiete". "Riposa" sussurra la lieve onda. 
Forse per te riversa i suoi dolci mormorii? 
La spuma bianca risuonante si insinua piano con ondeggianti corone, cantando del tacito sonno e del mite torpore.
Sta immobile il lago, rifulgendo dalle cime, tinto del colore del cielo, nascondendo dietro un ceruleo velo arcani silenzi.
Fluttuando nel lago canta un’umida Naiade nelle liquide onde:“Qui è la pace.” Canta l’onda: “Vieni!” Hai sentito? “Andiamo!” 
“Qui si apre al cuore la porta agli oblii del Lete. 
Qui sotto le acque è la via.” Ascoltasti. 
Navicella azzurra verso la libertà così fu per te l’onda."

Dont voici ma traduction libre en français:

"La villa royale de Berg (Cupressi, 5)

La vague murmure en chantant, résonne et en battant les berges s'en revient aux rives incurvées avec un chant léger.
L'onde murmure "Sois en paix". "Repose-toi", sussure la vague légère.
Peut-être est-ce pour toi qu'elle verse ses doux murmures?
L'écume blanche résonnante s'insinue lentement avec des couronnes ondulantes, chantant le sommeil silencieux et la douce torpeur.
Le lac reste immobile, resplendissant depuis les cimes, teint de la couleur du ciel, cachant derrière un voile céruléen de mystérieux silences.
Une naïade toute mouillée ondoie dans le lac et chante dans l'onde fluide: "Ici se trouve la paix." Et la vague chante: "Viens! As-tu entendu? « Partons! 
Ici la porte de l'oubli du Léthé s'ouvre à ton coeur.
Ici au-dessous des eaux est la voie.  Tu as entendu.
Les flots t'ont servi de vaisseau vers la liberté."

dimanche 13 mai 2018

En 1870, Josef Aloys Tichatschek fêtait 40 ans de scène. L'Illustrirte Zeitung le mettait à l'honneur.


in Illustrirte Zeitung, Leipzig, 29 janvier 1870


Josef Aloys Tichatschek (Ticháček), né à Weckelsdorf le 11 juillet 1807 et décédé à Dresde le 18 janvier 1886 est un chanteur d’opéra originaire de Bohème très apprécié par Richard Wagner. Il crée les rôles titres de Rienzi et Tannhäuser. On peut le considérer comme le premier des grands ténors wagnériens, le « Heldentenor ».

 À Dresde, entraîné par sa célèbre collègue Wilhelmine Schröder-Devrient, il crée les rôles de Rienzi en 1842 et de Tannhäuser en 1845.

Rôles marquants

Rienzi

Le rôle-titre de Rienzi est écrit pour Tichatschek, et est exactement adapté à sa voix robuste et spectaculaire. Il apprend sa partie en la chantant à vue pendant les répétitions, rendant son interprétation peu convaincante. La première représentation dure environ six heures et provoque une grande excitation . Wagner demande que les coupes soient effectuées, mais Tichatschek refuse en disant qu'il était «trop céleste». Après six représentations, on décide de donner l'opéra sur deux soirées, mais le public est opposé à payer deux fois. Les coupes s'imposent donc. L’œuvre ne rencontre pas le même succès à Hambourg et à Berlin.

Tannhäuser

Josef Tichatschek répète ce rôle avec Wagner en compagnie de la mezzo-soprano Johanna Jachmann-Wagner. On dit que quand ils sont au récitatif de l'acte 3, lui et Wagner s'embrassent en larmes. Sa voix, cependant, ne résiste pas au cours des deuxième et troisième actes de la première représentation, et la représentation du lendemain est reportée en raison de son enrouement. On pratique des coupes dans le rôle. On prétend que l'échec de Tannhäuser est due à l'incapacité de Tichatschek de saisir le sens dramatique de l'œuvre, son manque de finesse psychologique, de perspicacité dramatique et la bonne connaissance de la partition. C'est Albert Niemann qui reprendra le rôle à Paris en 1861. Johanna Jachmann-Wagner et lui sont restés amis pendant de nombreuses années : on les verra dans Les Huguenots à Dresde en 1846 et de nouveau dans Tannhäuser également à Dresde en 1858.

Lohengrin

Tichatschek s'est également distingué dans Lohengrin, notamment pendant la saison 1858-1859. Wagner est en exil. Tichatschek demande à la direction de l'opéra de Dresde d'envoyer au compositeur Wagner la somme de 50 louis d'or. En 1867, Wagner organise une représentation privée pour Louis II. Il recommande Tichatschek, alors âgé de 60 ans. Celui-ci fait piètre figure. Le roi lui interdit de chanter dans ses représetations privées, ce qui entraîne une rupture entre le roi, le compositeur et le chanteur.

Source du texte: Wikipedia

Der Siegeseinzug der bairischen Truppen am 16. Juli 1871 (2): Empfang des Kronprinzen am Universitätplatz. Originalzeichnung von H. Merté.

in Illustrirte Zeitung, Leipzig, 05.08.1871, S.4.